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Chasses chez le comte
Greffulhe/2 |
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"Mouvement de l'ame excité
dans la partie concupiscible, ou dans la partie irascible" définition
du premier dictionnaire de l'Académie en 1694, ou plus simplement
"état affectif intense et irraisonné qui domine quelqu'un
... mouvement affectif très vif ... inclination irrésistible
et violente ... penchant vif et persistant..." pour
citer le Larousse.
Henry Greffulhe avait la PASSION de la chasse. "A Bois-Boudran, l'art cynégétique est élevé au rang de sacerdoce : toute la vie de la maison tourne autour de la chasse. Durant la saison, on chasse tous les jours, sauf le dimanche, jour du Seigneur... Tous les jeudis soir, selon un rite immuable, les meilleurs fusils de France, qui se sont nommés les « Fondateurs », arrivent par le train pour se livrer pendant deux jours à des hécatombes de gibier et repartir le dimanche après la messe. " Laure Hillerin: la comtesse Greffulhe |
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On chassait de famille chez les Greffulhe. Son père Charles et son oncle Henri entretinrent un équipage de chasse à courre de 1840 à 1848. Henry le remonta en 1868. Des articles relatent les exploits du"vautrait" de Bois Boudran qui entraînait les piqueurs à la poursuite de sangliers, tant en forêt de Villefermoy qu'à Fontainebleau. Comme chacun sait (sauf moi qui l'ignorais), un vautrait est une meute entraînée à la chasse au sanglier. Henry chassa aussi le cerf. |
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On retrouve ce charmant animal sur les
boutons des tuniques de l'équipage du château de Bois Boudran,
conservées au musée de la Vénerie de Senlis. A l'époque,
on "donnait le bouton" signe de reconnaissance
des chasseurs d'un même équipage. En 1903, le comte Greffulhe
avait "donné le bouton" à
Hottinguer, Denys Cochin, comte de Segonzac, vicomte de Galard & Martin
du Nord. (Il s'est d'ailleurs vendu récemment un lot de cinq boutons
de Bois Boudran, à Drouot pour plusieurs centaines d'euros, fouillons
les boîtes à couture, un trésor s'y cache peut-être). Le vautrait de Bois Boudran comportait alors quarante chiens dont une trentaine de nouveaux: "... une remonte de vingt chiens anglais de la plus grande beauté, arrivée un peu tard; une autre de dix jeunes bâtards anglais, nés au chenil..." menés de main de maître par un piqueur issu de l'une des meilleures maisons: "... le premier veneur de son époque, monseigneur le duc de Bourbon, de la maison duquel sort le piqueur qui dirige la meute de M. Greffulhe..." La chasse et les chasseurs Comme pour
l'équipage, le vautrait du père et de l'oncle fut vendu
en 1848; deux décennies plus tard, Henry le reconstitua en lui
adjoignant une meute pour le cerf "cinquante
bâtards vendéens derrière le cerf, et autant de chiens
anglais derrière le sanglier"
Laure Hillerin |
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Ci contre, l'un des panneaux de la Légende de Saint Hubert peinte par Maurice Denis en 1897 comme décor du bureau du baron Denys Cochin. Propriétaire du château de Beauvoir, non loin de Mormant, il était féru de chasse à courre en forêt de Fontainebleau; la livrée figurant sur les panneaux montre que Denys Cochin fréquentait aussi l'équipage de Bois Boudran. |
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La tenue de Francport, la bleue de Bois Boudran et une autre "souvenir de Bois Boudran", portant le même bouton... |
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A la même récente vente aux enchères "Souvenirs de Bois Boudran", a été vendu un livre des "Chasses à tir de Bois Boudran". A la page du 25 septembre 1893 (un lundi) étaient détaillées les pièces tuées ce jour : deux lapins, un faisan, une seule caille mais 519 perdrix grises (qui s'ajoutaient aux 1572 abattues précédemment en septembre), par huit chasseurs : le duc de la Tremoïlle, le duc de la Force, le marquis du Lau, le comte Hallez Claparède, le comte A. de Mun, le comte Costa, J. Hottinguer et bien sûr le comte Greffulhe. |
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Souvent des "gentlemen" possédant
une résidence dans la région, mais domiciliés à
Paris. Les Greffulhe y possédaient un immense hôtel particulier
rue d'Astorg, ainsi qu'une villa à Dieppe. La Brie centrale était
constellée de rendez-vous de chasse, du "chalet" des
Clos, aux manoirs et autres châteaux: les Moyeux à la Chapelle
Rablais, Champ Brûlé, le château des Bordes à
Villeneuve, le manoir des Bouleaux... bien d'autres encore sans oublier
Beauvoir, cité plus haut. |
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Si la famille Greffulhe n'y figure pas, on y reconnaît certains de leurs familiers: Gallifet et Du Lau, cités à la page précédente, Charles Haas... On y trouve aussi des membres des familles connues des châteaux proches de Bois Boudran: le comte Alfred de La Tour-Maubourg, petit neveu du châtelain des Moyeux; le marquis Alfred du Lau d'Allemans dont un parent fut châtelain et maire de la Chapelle Gauthier, que l'on voit chasser à Bois Boudran dans un petit film; le baron Rodolphe Hottinguer, propriétaire du château de Champ Brûlé, dans la même commune que Bois Boudran, fréquemment cité parmi les invités des chasses du comte. La bonne société parisienne se retrouvait, la saison venue, près des forêts giboyeuses dont Villefermoy faisait partie. |
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Bois Boudran accueillait nombre d'invités prestigieux, venus pour les chasses d'Henry ou pour la compagnie d'Elisabeth. (Ces pages étant consacrées aux chasses du comte, je fais une énorme impasse sur la célèbre comtesse en vous invitant à la découvrir dans les livres d'Anne de Cossé Brissac et de Laure Hillerin. A défaut d'avoir vu ses robes au musée Galliéra, vous pouvez découvrir ses talents de peintre à Carnavalet, comme son auto- portrait ci- dessous.) |
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Le père Gérôme, si véhément
à l'encontre de son mari rend hommage aux qualités de
son épouse, au travers du témoignage de paysans de Fontenailles. |
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"Je crois que nous ne pourrons
rien faire de grand rue d'Astorg. Il faut donc le faire à la campagne,
c'est plus aimable comme hospitalité et plus chic d'avoir son Chantilly.."
Une nouvelle aile de Bois Boudran avait été construite par
l'architecte Sanson. "Tout en or, balustrades,
pilastres, galeries, loges, tribune pour les musiciens, festons et astragales,
girandoles, lustres de cristal..." La
splendeur ne dura qu'un temps. L'aile droite a été détruite
vers 1960, ses boiseries ornent un hôtel à Houston, USA;
le carrelage et l'escalier ont été reposés aux Moyeux,
à la Chapelle Rablais.
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Passez la souris sur la photo : Bois-Boudran/les
Moyeux
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"La maison est toujours pleine
d'amis, voire de pique-assiettes, comme le « vieux père Gramont
» qui s'incruste tout l'hiver. Tous les jeudis soir, selon un rite
immuable, les meilleurs fusils de France, qui se sont nommés les
« Fondateurs », arrivent par le train pour se livrer pendant
deux jours à des hécatombes de gibier et repartir le dimanche
après la messe. Outre ces chasses «ordinaires», plusieurs
grandes battues sont organisées chaque saison en l'honneur de personnalités,
comme le maréchal de Mac-Mahon ou les princes d'Orléans...
Pour les personnalités de marque, on affrète un train spécial,
qui s'arrête à la gare de Grandpuits."
Laure Hillerin |
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La descendante d'un domestique de Bois Boudran relate que, pour la visite d'un prince russe (le grand-duc Wladimir, le grand duc Nicolas ?), toute la domesticité du château était alignée entre la gare de Grandpuits et le château, portant des flambeaux. Autre anecdote: dans le parc de Bois Boudran, le comte Greffulhe ne voulait voir aucun domestique quand il s'y promenait. "Pour ses serviteurs, le comte était bien plus un père qu'un maître..." Il ne s'agit pas ici d'Henry Greffulhe mais d'Henri, son oncle, dans un ouvrage tout à sa gloire "Bienfaits du comte Henri Greffulhe, sénateur". |
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"Les comtes Greffulhe sont aussi des amateurs
de chasse à tir de premier ordre; leur vaste domaine, au point de
vue de la conservation et de la propagation du gibier, est admirablement
administré on y tue annuellement de vingt à vingt-cinq mille
pièces; on y brûle pour vingt mille francs de cartouches."
Le Figaro, supplément littéraire du
dimanche 5 septembre 1880 |
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A la même époque,
l'Inspecteur forestier De La Rüe fit le compte des pièces de gibier
tuées sur l'ensemble des forêts domaniales: "Je
choisis l'année durant laquelle il a été tué le
plus de gibier dans toutes les forêts de la couronne; ce relevé
est pris sur les bulletins de tir que j'ai sous les yeux, mes chiffres sont
donc officiels: chevreuils, 312; lièvres, 321; lapins, 9,803; faisans
3,004; perdrix, 278; bécasses, 20; diverses, 40. Total, 13,773 pièces.
En ajoutant à ce chiffre 6,227 pièces tuées en dehors
des chasses officielles, nous avons 20,000 en chiffre rond." C'était
autant que pour la seule chasse de Bois Boudran. Il n'était d'ailleurs
pas tendre pour ces tableaux de chasse de viandards:
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"Je connais un domaine où
l'on tue, chaque année, plus de 25,000 pièces; je pourrais en
citer pas mal d'autres sur lesquels on en abat de 2,000 à 5,000 tous
les ans. Je me hâte de dire que ces chasses sont situées sur
un rayon de trente lieues autour de Paris; que ce n'est pas la grande multiplication
du gibier que nous blâmons, ce serait absurde, mais le mode de chasse
employé pour le tuer. En effet, pour avoir, à la fin de l'année,
de pareils chiffres à inscrire dans le journal de ses chasses, il n'y
avait guère d'autre moyen que la chasse en battue. Or la chasse en
battue a été la cause de la mort de la chasse au chien d'arrêt,
la seule digne, la seule que nos pères estimaient et pratiquaient."
De La Rüe, Les chasses du second empire, 1882 |
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Vendredi 1° décembre 1905 Le Républicain du 3 décembre 1905
AD77 PZ 54/2 |
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Le tableau de chasse du roi "de"
Portugal alignait 1.104 pièces de gibier, principalement des faisans.
Celui du roi d'Espagne, décrit dans le Républicain de Seine
et Marne du 13 décembre 1913 tourna à l'hécatombe,
pour citer les mots du rédacteur. La chasse avait débuté
après le déjeuner; à cinq heures de l'après-midi,
le roi était déjà de retour à Paris; entre
temps, il avait eu le temps de se livrer à un massacre. Un film
avait été tourné pour l'occasion, visionné
par Laure Hillerin que je remercie encore :
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"On y voit le roi Alphonse
XIII, assisté de deux chargeurs en uniforme, genoux en terre à
ses côtés, tirant à jet continu à grande hauteur,
tandis que les oiseaux morts pleuvent autour de lui... L'œil fixe, presque
hagard, braqué vers le ciel, la lippe pendante sur son menton prognathe,
le jeune roi tire deux coups, lance son fusil vers la main levée d'un
chargeur à genoux, en attrape au vol un second, tandis que l'autre
chargeur, impassible et concentré, en recharge un troisième,
aussitôt lancé, attrapé, relancé, etc. Grâce
à ce stupéfiant exercice de jonglerie, le tireur réussit
l'exploit de tirer dix coups en quinze secondes, sans jamais détourner
son regard du ciel. Un peu plus loin sur la ligne, une dizaine d'autres chasseurs
en font autant - à une moindre cadence, car ils n'ont qu'un seul chargeur.
Pendant les rares pauses, le roi se masse le doigt, visiblement malmené
par l'usage intensif de la gâchette. Les dernières images nous
montrent l'arrivée d'une foule de rabatteurs en blouse blanche, tenant
dans chaque main des poignées de volatiles, puis le tableau impressionnant
de centaines de cadavres à plume alignés sur le sol."
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Il peut être révélateur que, sur les trente six films conservés par le CNC, tous, à l'exception de quatre, montrent des scènes de chasse; on y voit le comte Greffulhe et ses prestigieux invités: le roi d'Espagne Alphonse XIII, le Marquis Marie-Joseph Charles des Acres de l'Aigle, la Duchesse de Noailles et celle de Luynes, la Grande-Duchesse Wladimir, le Grand-Duc Nicolas, le Baron Hottinguer, le Duc de la Force, le Duc de Luynes, le Marquis du Lau et le Comte Charles-Albert Costa de Beauregard, le roi du Portugal, le vicomte de Galard et le duc de Doudeauville... Trois autres films montrent des scènes féminines au balcon de l'hôtel rue d'Astorg; le dernier montre le cortège nuptial descendant les marches de l'église de la Madeleine, au mariage d'Elaine Greffulhe, fille d'Henry et d'Elisabeth, avec Armand de Guiche, duc de Gramont; rendu public récemment (2017), on y verrait brièvement Marcel Proust.
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L'inspecteur De la Rüe, qui gérait
des forêts de la Couronne, dont Villefermoy (chasse attribuée
au neveu de Napoléon III, voir plus loin), donne des techniques
pour regrouper tant de gibier, et l'orienter vers l'hôte de marque
: "La proportion du nombre de pièces
abattues, en raison directe du rang et de la qualité du tireur.
Avec un peu de connaissance pratique de la manière dont les chasses
sont ordonnées dans les tirés, rien n'est pourtant plus
facile à expliquer. Lorsqu'un tiré est dans un parc clos
de murs et de pâlis, il est fort simple, au moyen de panneautages
et d'une abondante nourriture, d'y mettre autant de gibier qu'on en veut
faire tuer. Mais lorsque le tiré est ouvert, en pleine forêt
... il faut avoir recours à d'autres moyens ... On sait que le
gibier a pour habitude d'aller chercher sa nourriture aux gagnages pendant
la nuit. A la fin du jour, chevreuils, lièvres et lapins se mettent
donc en mouvement, et vont trouver sur le tiré et sur la plaine
le grain, les pommes de terre, les marrons d'Inde, le marc de raisin,
etc. qui y ont été déposés pour leur nourriture.
Il devient alors très facile de retenir tout le gibier ainsi attiré.
Vers une heure du matin, les gardes tendent des toiles tout le long du
tiré, entre l'enceinte de ce tiré et la forêt, et
lorsque les premières lueurs du jour viennent avertir les animaux
qu'il est temps de quitter le gagnage, ils se trouvent enfermés.
On double ainsi à peu près la quantité de gibier
qui se serait trouvé sur le tiré.
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La raison de cette concentration
sur un même point est donc bien naturelle. Il n'y a pas lieu de s'étonner
davantage s'il est tué plus de gibier sur le layon du milieu, ou layon
de l'Empereur, que sur les autres. C'est sur ce layon qu'est placée
la nourriture, que se fait l'agrainage de chaque jour, c'est naturellement
aux environs que le gibier se tient d'habitude. Maintenant, si l'on veut accorder
à celui qui occupe ce layon une dizaine de fusils toujours prêts
et une certaine habileté à s'en servir, on comprendra qu'on
y tue beaucoup de gibier." De La Rüe, Les
chasses du second empire, 1882
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On y tirait le gibier, et parfois
le chasseur... On verra plus loin que "Plonplon", neveu de l'Empereur,
plon-plombait à tout va, ce qui lui valut d'être exilé
à Villefermoy en 1865, il devenait trop dangereux dans les bois
de Meudon.
Chez le comte Greffulhe: le Républicain du 11 janvier 1885: "M. le comte de Gramont d'Aster, en chassant, il y a quelques jours, à Bois Boudran, dans la superbe propriété de M. le comte Greffulhe, a reçu des grains de plomb dans l'oeil..." Le 16 janvier: "M. le comte de Gramont d'Aster a succombé, hier matin, aux suites de l'accident de chasse que nous avons mentionné... C'est un simple grain de plomb qui l'a tué, et comble de fatalité, un grain de plomb qui avait fait ricochet sur une roche... M. le comte de Gramont a été le premier à rire de ce qu'il considérait comme une mésaventure sans conséquence... Deux incisions successives n'ont pas réussi à effectuer l'extraction. Puis, le grain de plomb est sorti de lui-même. Tout le monde croyait le malade sauvé lorsqu'un érésypèle s'est déclaré." Il s'agissait d'Antoine Eugène Amable Stanislas Agénor, comte de Gramont d'Aster, sans lien direct avec Armand de Guiche duc de Gramont, mari d'Elaine Greffulhe. |
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La chasse occupait les pensées d'Henry
Greffulhe, tout autant que ses conquêtes féminines, dont
il ne se cachait pas, Elisabeth les qualifiait de "sacrifice
au dieu inconnu". Il alla même
jusqu'à installer Marie Thérèse de la Béraudière
au manoir de la Grande Commune, de l'autre côté de la forêt
de Villefermoy (et aussi la villa de Dieppe); pendant qu'Elisabeth aimait
à se réfugier aux Bouleaux, sur la route de la Chapelle
Gauthier, pour fuir la lourde ambiance du château. "Je parlais un jour de M. Greffulhe avec une
excellente et très vieille femme de Fontenailles. Or voici comment
me le définit cette brave personne qui sait à peine lire:
"Le comte a toujours été un enfant gâté
qui n'a jamais fait qu'à sa volonté. Il n'a pour règle
que sa passion et ses caprices. Il a la passion de la chasse et, pour la
satisfaire, il ne reculerait devant rien. Il est prompt, emporté,
impétueux." Et l'on me cita des faits... Je préfère
ne point les rapporter." Le Briard,
11 novembre 1892 |
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Marcel Proust qui s'inspira d'Henry pour le duc
de Guermantes (et d'Elisabeth pour la duchesse) l'analyse ainsi:
Marcel Proust le côté de Guermantes II |
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On ne peut pas reprocher à un millionnaire de combler les désirs de ses invités. La sexualité d'un bouillant petit taureau ne devrait pas entrer en ligne de compte dans un chapitre traitant de la chasse -bien que virilité et arme à feu soient étroitement liés- si ce comportement bouillonnant n'avait eu des répercutions sur les habitants des villages proches. Et la gestion du gibier par "la Maison" pesait sur la vie quotidienne des petites gens, ce que nous verrons à la page suivante. |
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