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Un propriétaire du manoir des Bouleaux |
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la souris sur les illustrations pour leur légende Mise à jour 21 août 2022 |
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A la recherche du château détruit de Maison
Rouge, hameau de Fontenailles, proche de la Chapelle Rablais, j'ai été
amené à m'intéresser à ses propriétaires,
qui possédaient aussi le manoir des Bouleaux, situé entre
Saint Ouen et la Chapelle Gauthier. Le descendant de l'un de ses propriétaires
a eu l'amabilité de me communiquer des éléments
de la vie de Pierre Alfred de Tamisier et de sa famille.
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Pierre-Alfred de Tamisier est né le 6 Juin 1801; il est le fils d' Etienne Carrier et de Marie Françoise Huet de Guerville. Sa mère perd son mari le 9 avril 1818 et se remarie le 6 mai 1819 avec Marc Antoine Tamisier. |
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Des démarches sont aussitôt
entreprises pour permettre au jeune Pierre-Alfred de prendre le nom de son
beau-père. Une fâcheuse homonymie rendait le patronyme de Carrier
difficile à porter (le tristement célèbre Carrier des
noyades de Nantes, entre novembre 1793 et février 1794). Par ordonnance
du roi Louis XVIII du 13 octobre 1819, rendue effective par jugement du tribunal
de 1ère instance de La Seine du 28 novembre 1820, Pierre Alfred est
autorisé à substituer à son nom de Carrier celui de Tamisier..
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Le 27 juin 1823 Pierre-Alfred est nommé attaché d'ambassade à Londres où l'ambassadeur n'est autre que le Prince de Polignac. Le 27 avril 1824, sous le nom de Pierre-Alfred de Tamisier, il achète à Monsieur Cromot, baron du Bourg, le château du Bourg St Léonard auprès d'Argentan et son domaine de 565 Hectares. |
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Le 26 juin 1828, il écrit au garde
des sceaux pour solliciter un titre de vicomte. Le 2 novembre 1828 c'est un
titre de baron héréditaire qui lui est conféré
par une ordonnance du roi Charles X. Entre temps Jules de Polignac est rentré de Londres. Charles X lui confie le ministère des affaires étrangères et la présidence du conseil des ministres. Pierre-Alfred devient le chef de cabinet de Polignac. Pierre-Alfred ne rejoint sans doute pas St Petersbourg où il a été nommé secrétaire à l'ambassade de France, le 23 Août 1829. Pierre-Alfred va se marier. Le contrat de mariage est signé le 24 mai 1830 devant Maître Nolleval, notaire à Paris. La promise est Françoise-Charlotte Delorme fille mineure de Monsieur le Marquis Charles-Arnould Delorme. La seule trace de l'origine de ce titre de marquis a été trouvé dans le registre des archives du Sceau qui comporte une mention à la date du 31 mai 1830 "Delorme Charles-Arnould. Majorat auquel sera attaché le titre de marquis et transmission éventuelle au sieur Tamisier". On ne peut s'empêcher de voir encore l'influence du Prince de Polignac. Les événements politiques ont dû empêcher l'impétrant d'obtenir les lettres patentes avant la chute de Charles X. Ce titre a bien été concédé mais n'a pu prendre d'existence juridique. Pierre Alfred de Tamisier achète "la terre des Bouleaux de Fontenailles" le 30 septembre 1841. Plus de détails à la page sur le château détruit de Maison Rouge. |
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Ci dessus, le discret manoir des
Bouleaux, entre Saint Ouen et la Chapelle Gauthier, attribué à
tort à cette commune, alors qu'il est sur le territoire de Fontenailles.
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Le beau-père de Pierre Alfred de Tamisier,
Charles Arnould Delorme, fut, entre autres, le créateur du premier
passage couvert de Paris, soixante douze mètres, entre l'actuel
177 rue St Honoré et le 188 rue de Rivoli. Ci-contre, une vue en 1870 du passage qui
sera démoli en 1896. |
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Pendant les Cent Jours, "M. Delorme offrit à l'Empereur à titre patriotique et pour le temps que durerait la guerre, le revenu du Passage Delorme qui s'évelait à 60,000 francs. Un article du Moniteur ci annexé du 21 mai 1815 constate ce fait". 1/6/1849 Légion d'Honneur notice 109095
Alfred de Tamisier fit sa carrière sous la Restauration,
régime qui était loin d'être au goût de son
beau-père puisqu'il aurait refusé d'être décoré
de la Légion d'Honneur avant le retour d'un Bonaparte au pouvoir.
Il l'obtint le 1° juin 1849, six mois après l'élection
à la présidence de la république de Louis Napoléon
Bonaparte. |
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Charles Arnould Delorme fut propriétaire à Massy du domaine de Vilgenis dont il fit raser l'ancienne demeure pour construire le château, actuellement propriété de Safran. Il le revendit en 1852 à Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon 1°, et père de Napoléon Jérôme Bonaparte qui en hérita en 1860 le revendit en 1865. "D’étranges coïncidences au château de Vilgénis" pour reprendre le titre d'un dossier de Massystoric firent que Delorme put utiliser dès 1808 les pierres du château rasé pour bâtir son "Passage Delorme" alors qu'il n'acquit la propriété de Massy qu'en 1823...
Coïncidence ou relations? Napoléon Jérôme Bonaparte, pendant un temps possesseur du domaine de Charles Arnould Delorme, beau-père de Pierre Alfred de Tamisier, eut le privilège de la chasse à Villefermoy. Là, il eut d'excellentes relations avec Alexandre Tattet, l'un autorisant la chasse en forêt, l'autre prêtant ses étangs. Alexandre Tattet fut propriétaire de la ferme des Bouleaux ayant appartenu à Pierre Alfred de Tamisier. Le monde est petit ! Ou bien tous étaient en bonnes relations. |
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Pierre-Alfred et sa femme née
Delorme ont eu quatre enfants:
Marie-Antoinette, dite Marie (portrait ci-contre), est née au Bourg St Léonard le 24 juillet 1831. Elle épousa en 1851 le Comte Ernest de Stachelberg. Celui-ci, au service du Tsar, fut ministre à Turin, à Madrid puis à Florence. Marie est morte en couches à Turin le 6 juin 1860. Stackelberg , alors aide de camp du tsar Alexandre II, devait revenir à Paris comme ambassadeur de Russie auprès de Napoleon III. Marie a eu deux enfants, l'un, Lieutenant Général fut massacré à St Petersbourg par les bolcheviques en 1917 sans laisser de postérité, l'autre décèda également sans postérité à Pau où il était en séjour. |
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« Le comte de Stackelberg,
ministre de Russie, a une maison agréable je la fréquente peu,
bien que sa femme, mademoiselle Tamisier, soit Française et sœur
d’un de mes collègues au ministère des affaires étrangères.
La comtesse de Stackelberg est jolie et spirituelle; elle reçoit surtout
le corps diplomatique. Les dames de Turin, ayant eu à se plaindre de
son esprit mordant, la tiennent à l'écart …"
Henri d’Ideville, dans Journal d’un diplomate en Italie Rome 1859-1866, transmis par un correspondant de Remiremont |
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Robert (photo) nait le 14 septembre 1833.
Resté célibataire, il n'a pas de descendance.
Il entre au ministère des affaires étrangères le 9 avril 1851. Le 8 juillet 1857, il est au cabinet du ministre, le comte Walewski dont il fut chef de cabinet. Après différents postes, il est envoyé à Stockholm comme ministre plénipotentiaire. Il y reste jusqu'au 16 octobre 1880, date de sa mise en disponibilité. Il décède à Montreux (Suisse) où il était en séjour le 10 Août 1917. Roger blessé pendant la campagne d'Italie, succomba des suites de ses blessures à Paris le 5 novembre 1859 à l'âge de 22 ans sans laisser de descendance. Hugues nait le 8 décembre 1851, 20 ans après Marie, 18 ans après Robert et 14 après Roger. Il épouse en 1884 Maria del Carmen de los Dolores de Santa Maria y Hurtado. Il mènera une vie de rentier. C'est le seul des quatre enfants ayant encore des descendants aujourd'hui. Il décède le 24 octobre 1919 à Paris. |
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Le 12 juin 1854 Pierre-Alfred décède
à Baden-Baden. Il avait 53 ans, laissait une veuve de 42 ans, une
fille de 23 et trois fils de 20, 14 et 2 ans et demi. il repose au cimetière
du Père Lachaise. Francoise-Charlotte de Tamisier, née Delorme,
décèda le 20 octobre 1894.
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