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Rénovation des objets liturgiques
la Chapelle Rablais 1752/1759
Cerneux 1759/1777

1752/1759 Notes du curé Etienne Fare Charles Huvier dans le registre paroissial de la Chapelle Rablais (en mairie)

Cette retranscription respecte la disposition des lignes tracées par le curé Huvier; certaines pages étaient en très mauvais état, d'où des lacunes.

Novembre 1757
Note du curé, registre paroissial en mairie fin 1754, folio 30 verso

[Tous]saint 1757 après l'absoute, authorisé de Son Eminence
le Cardinal de Luynes paul D'albert notre respectable
archeveque, j'ai béni à l'autel, présence du peuple, une chasuble
verte et blanche garnie de l'étolle, bourse, manipule et voile
de calice. Cet ornement à été achepté des deniers de la
fabrique et à couté frais fais la somme de soixante
dix livres quatre sols, je m'en suis servi pour la première
fois le saint jour de Paques.

A noter que le curé fait peser sur les finances de la Fabrique des ornements qu'il aurait dû payer "Cet ornement à été achepté des deniers de la fabrique." On verra plus loin que d'autres achats furent réglés par les marguilliers de la Chapelle Rablais ou de Cerneux.

Encyclopédie de Diderot 1751 article "dixme" 1751 :
Il y a trois principales charges qui se prennent sur les grosses dixmes, savoir, 1° les réparations grosses & menues, même les reconstructions des églises paroissiales, ce qui ne s'étend néanmoins qu'au choeur & cancel, la nef étant à la charge des paroissiens, de même que le clocher, quand il est construit sur la nef : 2° la fourniture des ornemens nécessaires, tels que les chasubles, calices, livres d'église, &c. 3° le payement de la portion congrue des curés & des vicaires.

A Cerneux, certaines dépenses furent certainement réglées par la Fabrique et non directement par le curé; la précision "à mes dépens" laisse soupçonner que d'autres frais au presbytère auraient pu être imputés à la Fabrique :
"Dans le courant de janvier mil sept cent soixante onze, j'ai fait mettre à mes dépens une plaque de fer carée à la cheminée de la première sale; laquelle est soutenue par deux bars de fer ayant servi à une roue de charette."

25 mai 1758
Note du curé, registre paroissial en mairie fin 1754, folio 30 verso

Ayant trouvé dans le coffre de l'église une tunique de satin ornée
galon d'or f , cette tunique de satin rouge à fleurs ne servant
plus j'ai fait faire une chasuble et une étolle par nicolas (Pescheloche)
(tai)lleur d'habits

19 juillet 1758 Vases sacrés
Note du curé, registre paroissial en mairie fin 1757, folio 61 recto
Le mercredy 19 juillet mil sept cent cinquante
huit j'ai été à Provins chez Mr Lemaître marchand orfèvre
à qui j'avais envoyé depuis environ trois semaines le calice de
cette église dont la couppe étoit fendue en plusieurs endroits,
et dont le montant du pied déversoit, ce que j'ai trouvé en
cet Etat Lorsque je suis entré dans cette paroisse. j'ai porté
ledit jour audit Lemaître la custode, et les vases des Saintes huilles
qui étoient fort anciens et en mauvais état. Le poid de tous
ces vases à monté à la somme de soixante douze livres./

Pour avoir doré la couppe du calice et y avoir mis par le
haut un cordon, ainsy que pour les autres réparations qu'il à
fallu y faire, j'ai payé à Mr Lemaître la somme de dix sept livres ./.
Plus celle de quarante livres dix sols
pour achapt d'une custode neuve monté sur un vase servant
pour l'huille des infirmes, ladite custode du poids de 4 onces 5 gros six grains ./
Plus celle de soixante sept livres cinq sols
pour achapt d'une boëte d'argent dans laquelle sont renfermés
deux vases pour l'huille des cathécumenes et le Saint Chrème,
Ladite boëte et lesdits vases du poid de un mar quatre gros ./.
Ce qui forme en total la somme de cent trente livres quinze sols,
sur quoy ledit Lemaître à déduit celle de soixante douze livres
pour le poid desdits anciens vases, en consequence Les réparations
faittes au calice et l'achapt desdits vases ont couté la somme
de cinquante huit livres quinze sols. cette emplette à été
faitte françois Lefevre etant marguillier en premier et jean
Bordier marguiller en second, Louis Guinand clerc paroissial mtre des petites écolles ./.

Notte
(en marge: 17 livres + 46 £ 10 sols + 67 £ 5 s= 130 £ 15 s)

Le Lundy trente un juillet audit an avent la messe j'ai fait
la Bénédiction desdits vases à l'autel avent de comançer la messe ./.

Le premier enfant que j'ai baptisé depuis le bénédiction de ces vases
à été Marie Magdeleine Mallet baptisée et née le Lundy 7° aoust
audit an du légitime mariage d'andré Mallet manouvrier à frevant
hameau de cette paroisse et de magdeleine Renard Son épouse ./.

La première personne que j'ai administrée avec la nouvelle
custode et le nouveau vase des saintes huilles des infirmes
à été marieanne Baudry femme de charles henry manouvrier
administrée le mardy 19° septembre 1758 à 7h 1/2 du soir ./.

21 août 1758
Note du curé, registre paroissial en mairie fin 1757, folio 61 verso
(titre en marge: chasuble de Calmande)

Le Lundy vingt un aoust 1758 et jours suivans nicolas
françois Pescheloche garçon tailleur d'habits à tr.. (le curé emploie aussi "à" pour l'auxiliaire "avoir")
avec calemonde blanche et galons de soye jeaune
La chasuble, l'étolle et le manipule où il y à des
carés de poinct de tapisserie. il est entré dans ce travail
deux aulnes de calmonde blanche à 5 livres 10 sols l'aulne
àcheptée chez Mr LeGrand marchand à Montereau et
20 à 22 aulnes de galon achepté à Paris 10 s
l'aulne.

Calmande, subst. fém. Tissu (de laine, poil de chèvre, ou soie et laine), lustré sur l'endroit, uni ou rayé, employé comme étoffe d'ameublement ou dans la confection de certains vêtements. CNRTL

Etoffe de laine lustrée d'un côté. Wikipédia

Etoffe de laine lustrée d'un côté, comme le satin. Dictionnaire de l'Académie 4° ed 1762

Etienne Fare Charles Huvier a confié ses travaux d'aiguille à Nicolas Pescheloche, "tailleur d'habits" itinérant. Né et résidant à Avize Marne, °~ 1736, époux de Françoise Marguerite Fourny, à Flavigny, Marne le 15 février 1763. Signe. Enfants à Avize : Marie Josèphe 1764/1765; Marie Nicole 1765; Nicolas 1768; Jean Baptiste 1771/1771; Marie Madeleine 1773; Nicole Rose 1777/1824

Nicolas Pescheloche était présent à la Chapelle Rablais en 1758, au moins depuis mai jusqu'à fin août. Le 3 juillet 1758, il était témoin au mariage de Jean Duclos avec Catherine Gareau. Il était alors âgé d'environ 22 ans.

 

1759/1777 Notes du curé Etienne Fare Charles Huvier dans le registre paroissial de Cerneux (en mairie)

 

1759 Découverte de la relique de Saint Eloi
Notte Relique de Snt Eloy
En l'année 1759 arrivant icy j'ai trouvé la relique de Snt. Eloy qu'on dit être un petit os de son bras dans un état à ne pas inspirer une vénération bien intime. En conséquence pendent quelque temps j'ai jugé à propos de ne pas exposer cette prétieuse relique, et ensuitte, tout bien considéré, conseillé et murement réflèchi, je l'ai exposée, après avoir fait dorer l'avent bras et argentée la main. Il y a une petite vitre sous laquelle est un coussin cramoisy et dessus la partie de l'os est écrit en lettre gothiques ces mots è brachio sancti eligii confessoris peut on penser que cet os soit du bras de Snt. Eloy evêque de Noyon dont la vie est écritte par Snt. Oüen? Qu'importe c'est une relique, et les bonnes sont rares.

Décembre 1760 Custode, vase des saintes huiles, ciboire
Notte Snt Ciboir et custode. Sur la fin de décembre 1760 j'ai envoyé à Mr le Maistre mnd orfèvre à Provins paroisse Snte Croix la custode et le vase des Sntes huilles des infirmes. Ladite custode n'avoit jamais été dorée, elle étoit d'ailleurs très indécente ainsy que le vase des Sntes huilles. Mr Lemaistre m'a envoyé une nouvelle custode montée sur un vase pour les Sntes huilles des infirmes. Cette custode a coûté la somme de quarante livres, elle pèse trois onces quatre gros. L'ancienne custode et le vase des Sntes huilles pour les infirmes pesoient quatre onces trois gros, c. à. d. pour vingt trois livres seize sols d'argent. En conséquence, j'ai fait remettre à Mr Lemaistre la somme de seize livres quatre sols. C'est Mr l'abbé de Rouvres, doyen de Snt Quiriace et grand vicaire qui a béni ces vases.
Sur la fin du dit mois audit an, j'ai envoyé à Mr Lemaistre notre Snt Ciboir qui pèse six onces et un gros. La couppe n'avoit jamais été dorée, il l'a dorée, a redressé et blanchi le ciboir qui étoit en très mauvais état, ce qui a coûté la somme de six livres que je luy ai fait remettre.
Lisez à cette occasion le compte rendu par Pierre Gallot en mil sept cent soixante neuf.
La custode a servi la première fois pour porter les sacremens à Etienne Porta inhumé le jeudy 18e décembre audit an.

24 décembre 1760 Travaux à l'autel
Le mercredy vingt quatre Xbre audit an (1760), j'ai fait creuser la pierre ?? du mtre autel, et j'y ai fait céler la pierre de marbre consacrée. Cette pierre étoit monté sur une planche épaisse d'un pouce et demi, ce qui gênait beaucoup le prêtre qui célebrait tant à cause de l'élévation que du peu de largeur et de longueur de ladite pierre. Cette pierre m'a paru très ancienne et étoit cassée en plusieurs morceaux.

22 mars 1761 Chapes et étoles
Deux notes du curé concernant les vêtements liturgiques
Le vingt deux mars mil sept cent soixante-un, Mr Dehu dit Beaulieu mnd dmt à Provins avec qui j'avais fait marché pour mettre en état les chapes de l'église à rapporté les chappes blanches dont les chantres se sont servi à la messe ledit jour, ainsy qu'une étolle de cotonade. Ledit jour je luy ai confié les deux chappes rouges, les deux vertes et une violette, ces chappes ainsy que les blanches étoient depuis longtemps hors d'état de pouvoir servir. Le dimanche 19e avril Mr Dehu dit Beaulieu à raporté toutes les chapes, en outre une neuve pour le célebrait. Laditte chappe de camelot gaufré couleur verte le parement et le chaperon d'un d'amas de toute couleur et une étolle du même d'amas. Quand je suis arrivé icy je n'ai point trouvé d'étolle pastoralle et au dire des anciens, ils n'en ont jamais vu. Tout cet ouvrage faire et fournir à coûté trois cent vingt trois livres qui ont été payé par Pierre Gallot fils mtre charron à Cerneux et margillier comptable.
Note marginale : La chappe verte m'à servi pr la 1ere fois ainsy que l'étolle de d'amas le jour de l'ascencion 30e avril 1761

Etoles pastorales
https://www.religiosa.fr/produits/etoles-pastorales/
https://www.ceremoniaire.net/sainte_messe/parements/manipule.html
"L'étole sacerdotale est portée sur les deux épaules et s'impose sur le cou du prêtre, comme un signe de ce joug très doux et de ce fardeau des âmes que Notre-Seigneur veut rendre léger. L'Église aime encore à la présenter à ses ministres comme le symbole de la justice et de l'immortalité : "Rendez-moi, Seigneur, l'étole que la prévarication des premiers parents me fit perdre, puissé-je obtenir la joie éternelle, bien que je sois indigne de m'approcher de vos saints mystères".

Suivant les ministres et les fonctions auxquelles sert l'étole, on distingue :
L'étole sacerdotale qui accompagne la chasuble et qui sert au prêtre pour la célébration du Saint-Sacrifice.
L'étole pastorale réservée pour l'administration des sacrements, la prédication, la communion du prêtre et lorsque en surplis il touche le St-Sacrement.
L'étole diaconale dont le diacre se revêt à la Grand'Messe, lorsqu il reçoit la Sainte-Communion, quand il doit toucher les vases sacrés qui contiennent l'Eucharistie et aux processions du Saint-Sacrement.
L'étole d'administration qui sert pour l'administration des sacrements aux malades.
Les étoles doivent être bénites.

Encyclopédie :
CAMELOT, s. m. (Draperie.) étoffe non croisée qui se fabrique comme la toile ou comme l’étamine, sur un métier à deux marches. Il y en a de différentes longueurs & largeurs, & de toutes couleurs. On en distingue de plusieurs sortes, entre lesquels les uns sont tout poil de chevre ; d’autres ont la trame poil, & la chaîne moitié poil & moitié soie ; de troisiemes qui sont tout laine ; & de quatriemes, où la chaîne est fil & la trame est laine....

DAMAS, s. m. (Manufact. en soie.) Le dictionnaire de Savari définit le damas une étoffe en soie dont les façons sont élevées au-dessus du fond, une espece de satin mohéré, une mohere satinée, où ce qui a le grain par-dessus l’a de mohere par-dessous, dont le véritable endroit est celui où les fleurs sont relevées & satinées, & dont l’autre côté n’est que l’envers, & qui est fabriquée de soie cuite tant en trame qu’en chaîne...

Mars 1761 Aubes surplis et autres linges
Dans ledit temps j'ai achepté une aube, un rochet pour porter les sacremens aux malades, deux surplis pour les chantres, quatre rochets à manche d'aube pour les enfans, dix lavabots, dix huit purificatoirs et neuf louis d'éto(ffe ? pli) Le tout faire et fournir à coûté quatre vingt quatre livres laquelle somme à été payée par ledit Gallot.

Rochet : Sorte de surplis à manches étroites, que portent les évêques et divers autres ecclésiastiques.

Purificatoire : un linge liturgique servant à recueillir le Sang du Christ qui pourrait couler du calice lors de la communion du prêtre, et à purifier les vases sacrés - le calice et la patène - après la communion.

Octobre 1761 Soutanes
Au commencement d'octobre 1761 j'ai fait faire par Pierre Vincent tailleur d'habits dmt en cette paroisse, six demies-soutanes rouges en bricourt et six noires de dauphine.

Bricourt : inconnu dans les articles de l'Encyclopédie. Peut être Brocart : Un brocart est une étoffe de soie rehaussée de dessins brochés d’or et d’argent. Le terme de brocart a souvent été appliqué à des soieries brochées richement décorées. (ne pas confondre avec Brocard, raillerie ou chevreuil, bien que le tissue ait été orthographié ainsi dans l'Encyclopédie).
DAUPHINE, s. f. (Manufact en soie & en laine.) petit droguet de laine non croisé, légerement jaspé de diverses couleurs, & fabriqué au métier à deux marches. Il s’en est fait aussi en soie, mais il ne s’en fabrique plus. La jaspure naît du mélange de laines ou de soies teintes de différentes couleurs.

12 juillet 1763 Chaire à prêcher
Le mardy douze juillet mil sept cent soixante trois et jours suivants, le nommé Jean Pierre Prouharam maître menuisier à Coulommiers en Brie à posé dans cette église du côté de l'épitre une chaire à prêcher au lieu et place d'une très mauvaise. (Note marginale : L'ancienne à été vendue au profit de la fabrique la somme de trois livres quinze sols) Laditte chaire faire et fournire à été payée audit Prouharam la somme de deux cent quatre vingt quinze livres y compris le plancher du sanctuaire ces deux ouvrages mis ensemble.

Novembre 1765 Chaire à prêcher, peinture etc...
La chaire à prêcher ainsy que le plancher du sanctuaire le tout en bois de chêne faire et fournir ont coûté ainsy qu'il apert comme dit est la somme de deux cent quatre vingt quinze livres.
Dans le courant du mois de novembre mil sept cent soixante cinq, le nommé Christophe Mellein cy devant concierge-tapissier du chateau de Montglas actuelement dmt en cette paroisse à mis en couleur (pliure) fois à deux couches la chaire à prêcher; il à décoré les filets et l'appuy de rampe d'une couleur de vermillon composée et l'a orné d'une soupente de panne carmoissie ainsy que le bord en forme de bourelet attaché avec des petits clous dorés le tout faire et fournire ainsy qu'il apert par le compte d'Etienne Joseph leRoy rendu moyen en la somme de vingt deux livres.

Panne, (Manufact.) étoffe de soie veloutée qui tient le milieu entre le velours & la pluche, ayant le poil plus long que celui-là, & moins long que celui-ci. Il se fabrique à-peu-près de même que le velours, & son poil provient d’une partie de la chaîne coupée sur la regle de cuivre. La chaîne & la trame sont de laine, & le poil est de soie. Encyclopédie Diderot

 

 

 

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