Etienne Fare Charles
Huvier/29 |
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Etienne Huvier ne craignit pas d'affronter ses paroissiens tant pour faire respecter ses droits que pour imposer ses volontés. Dès la cure de Marolles, il s'opposa aux
"danses de Saint Friquet" cette "misérable fête"
et les fit interdire l'année suivante. |
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S'il s'est élevé des voix
qui "murmuraient", Etienne Huvier n'était pas entouré
que de paroissiens hostiles, fort heureusement. Il n'est pas évident
de les retrouver dans les documents qui nous sont parvenus, principalement
des actes notariés, des extraits des registres paroissiaux et les
notes que le curé y écrivait. Une fois de plus, il faut
essayer d'extrapoler à partir d'indices quelquefois tenus (J'en
suis coutumier et il est fort possible que mon imagination ait été
trop fertile. N'hésitez pas à me corriger, si nécessaire.
Son prénom "Fare"
fut très cher à son coeur : le 10 mai 1757, il justifiait son
absence de la cure de la Chapelle Rablais : "J'étois
pour lors à Faremoutiers, et ai assisté à la procession
de Snte Fare, ma bonne patronne." Pendant
son sacerdoce dans cette paroisse, Fare fut donné en premier, second
ou troisième prénom, à seize nouveaux nés. Sept
enfants ajoutèrent "Fare" à leurs prénoms à
Marolles, entre 1749 et 1752. A Cerneux, ils furent douze. Si l'on trouve
encore des enfants prénommés Fare après le départ
du prêtre de ses cures successives, c'est la plus souvent en hommage
au parrain ou la marraine. Cela semble être
un marqueur de bonnes relations entre certains paroissiens et le curé.
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Philippe Antoine Fadin et Louise Goué semblent avoir été parmi les plus fidèles à Etienne Fare Charles Huvier. Ils étaient fermiers de la ferme disparue de la Truchonnerie qui se situait non loin du stade, et dont la trace subsiste encore. Avec les élèves, nous y avons retrouvé des vestiges archéologiques aussi glorieux que des fragments de tuiles et de briques, qui marquaient encore les bâtiments, ainsi qu'une dent de vache (plus que préhistorique !) Ces fermiers ont ajouté le prénom
Fare à deux de leurs enfants : Marguerite Fare Fadin née
en 1753 et Charles Antoine Fare Fadin en 1756. A l'âge de treize
ans, Charles Antoine Fare Fadin et Geneviève Fare Appoline Bougault,
quinze ans, tous deux baptisés par le curé Huvier, portèrent
sur les fonts baptismaux Nicolas Antoine Fare Fadin, fils de Nicolas
Fadin et de Marie Madeleine Baulny (Boni). Etienne Fare Charles Huvier
avait quitté la Chapelle Rablais depuis une dizaine d'années,
le prénom Fare était un hommage au parrain et à
la marraine; comme pour Louis François Fare Lisle à cause
de sa marraine Marguerite Fare Fadin, le nouveau curé Poiret
étant le parrain. |
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Au détour d'un petit mot à
François Bougault, marguillier de l'année, pour préparer
le renouvellement des baux de location des terres de la Fabrique, se dévoila
une facette de l'intimité du curé. La petite lettre se termine
par : "Mes respects à Mtre Vaudremer, je salu la petitte famille
dans laquelle je comprends bien l'aimable chouchou. J'ai aussy l'honneur d'être
avec la plus parfaitte estime. Votre très humble et très obéissant
serviteur." Lettre jointe aux minutes
du notaire Vaudremer AD77 188 E 64 |
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Je ne résiste pas à l'attrait
du mystère: qui pourrait bien être l'aimable chouchou? Mais avant
d'essayer de trouver la -probable- fille du marguillier, reste à savoir
quel pourrait bien être son père, car, à la Chapelle Rablais,
au milieu du XVIII° siècle, les "François Bougault"
ne manquent pas. |
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Le marguillier était François
Bougault, époux de Catherine Baulny comme le prouve la mention "ancien
marguillier" dans l'acte de naissance de (évidemment) François
Bougault, deux ans après le petit mot du curé. Plusieurs détails
de ce message posent question : la lettre elle-même dont la fonction
première est d'être lue. Problème, aucun "François
Bougault" ne savait lire. A la fin de l'acte d'assemblée du dimanche
25 janvier 1756, préparé par le brouillon du curé Huvier
du mardi 20, seuls François Baton, Philippe Félix et Jean Bordier
avaient signé. "Touttes les autres partyes ont déclaré
ne sçavoir écrire ny signer de ce interpellé", dont
François Bougault, le marguillier. Il faudra attendre 1776, au décès
du marguillier, pour découvrir la signature d'un neveu.
Quant à l'aimable chouchou, nous en
avons déjà fait connaissance quelques paragraphes plus haut,
à propos du prénom Fare, cher au curé : "A l'âge
de treize ans, Charles Antoine Fare Fadin et Geneviève Fare Appoline
Bougault, quinze ans, tous deux baptisés par le curé Huvier,
portèrent sur les fonts baptismaux Nicolas Antoine Fare Fadin, fils
de Nicolas Fadin et de Marie Madeleine Baulny."
Même s'il s'était éloigné
de Coulommiers, sa "patrie" Etienne Huvier n'avait pas rompu les
liens avec sa famille, loin de là! Des proches lui rendirent visite
dans ses différentes cures. En 1767, Perrine Huvier, Huvier l'aîné
(Antoine) et Huvier des Fontenelles (Pierre François) révélèrent
leur présence chez leur oncle à l'occasion du décès
d'un garde chasse du château de Montglas à Cerneux.
Trois enfants et probablement leurs parents, Jean Huvier le bailli & Elisabeth Hébert, de passage dans la cure de leur oncle. Ils se contentèrent de laisser leur marque, n'étant alors âgés que de dix à quatorze ans. A noter que le petit garçon de dix ans n'était déjà plus "Pierre", mais "Huvier des Fontenelles" et qu'Antoine semblait prendre au sérieux son statut d'aîné. Etienne Huvier proposa plus d'une fois à ses invités de figurer comme témoin ou même comme parrain/marraine, à l'occasion de leur passage dans sa cure. Le 13 juin 1765, Henriette Fare Julitte Garnier eut le curé comme parrain (d'où le prénom Fare) et comme marraine "Melle Oudette Henriette LeRoy du Mée demeurante ordinairement à Coullomiers et de présent chez nous, fille majeure de feu Charles Jacques LeRoy du Mée, vivant veneur de son altesse Royale M. le duc d'Orléans et de feue Marie Oudette Saget ses père et mère", fille du propriétaire de la ferme du Mée, à Saints, avant que Jean Huvier, le bailli, ne l'achète. Il est plus que probable que les parents, manouvriers, n'avaient aucun lien avec la marraine. |
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En 1754, l'époux de Jeanne Marguerite Charlotte Huvier, soeur du curé, présent à la Chapelle Rablais, fut témoin au mariage d'un simple berger veuf, se remariant avec une veuve. L'occasion pour le curé d'énumérer les titres du mousquetaire sur cinq longues lignes : "en présence aussy de messire Henry François Lefort de Champroger écuyer officier dans la première compagnie des mousquetaires du Roy servant à la garde de sa majesté, chevallier de l'ordre militaire de S.nt Loüis, pensionnaire du Roy capitaine des chasses et m.tre des eaux et forest de Coulommiers en Brie..." La mention fut bien plus brève pour les autres témoins, il est vrai qu'un mousquetaire en grand uniforme devait avoir plus d'allure qu'un maître d'école, un aubergiste et un enfant de choeur. Ci contre : les uniformes de mousquetaires sous Louis XV, puis en passant la souris sur l'image, sous Louis XVI |
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Etienne Huvier fit plusieurs fois mention des
mousquetaires : "Au commencement
de mars 1762, Mr Lefort de Champroger mon beau frère à
été nommé au grade de premier brigadier de la première
compagnie de mousquetaires de sa majesté." lequel
décéda le 10 janvier 1763 à l'âge de quarante
huit ans "j'ai eu le malheur de perdre
mon cher mari .." Jeanne Marie Charlotte
Huvier dans le journal d'Antoine Huvier AD 77 195 J 18
Cette suppression concerna particulièrement
l'époux de sa nièce "Elisabeth Perine Margueritte Huvier":
"Messire Etienne Thomas Ogier de Baulny
âgé de vingt sept ans et demy, écuyer, l'un des deux
cents mousquetaires de la première compagnie de sa majesté",
mousquetaire en juin 1775, "ancien mousquetaire
de la première compagnie de sa majesté"
en 1776, sans nouvelle charge, semble-t'il, pas plus qu'en 1779. Il ne semblait
pas avoir rejoint un régiment de infanterie, cavalerie ou dragons
et, ayant moins de dix ans de service, ne devait plus percevoir qu'un quart
de sa paye... Nous retrouverons ce couple un peu plus loin...
Ordonnance pour la suppression des deux compagnies de mousquetaires du roi
15 décembre 1775
Etienne Fare Charles Huvier assista
ou participa à de nombreuses cérémonies familiales.
Pour certaines, il ne put être présent, à cause des
délais et de l'éloignement
"Ce jourd'huy vingt cinq avril mil sept cent
cinquante quatre maître Charles Antoine Huvier... décédé
hier... a esté inhumé dans le cimetière de cette paroisse..."
L'inhumation de Charles Antoine se fit sans son fils, curé
à la Chapelle Rablais.
Pour rejoindre Marolles, très
proche de Coulommiers, il fallait une heure de cheval au pas, moitié
moins au trot et l'on imagine mal le curé lancé au galop
(un cheval normal au pas parcourt en moyenne 8 kilomètres par
heure, 14 au trot et 21 au galop). |
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Il baptisa au moins deux neveux et nièces
de la descendance de Jean, son frère, bailli et maire de Coulommiers.
Il leur adjoignit -qui l'eût cru?- le prénom de Fare.
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Le lundi 12 octobre 1750, ce ne fut pas Etienne
Huvier qui maria son frère Jean, bailli, dans l'église
St Denis de Coulommiers. La cérémonie fut concélébrée
par le curé Parent et "Mr
Pierre Jean Baptiste Saulsoy, bachelier en théologie, ancien
curé de St Quiriace de Provins",
oncle maternel de l'épouse. Par contre, la semaine précédente,
le mercredi sept, ce fut le jeune vicaire de Marolles qui célébra
les fiançailles de son aîné. |
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Le lundi 26 juin 1775, Etienne Huvier célébra le mariage de sa nièce "Elisabeth Perine Margueritte Huvier, damoiselle, fille mineure de monsieur maître Jean Huvier, écuyer, secrétaire du Roy maison et couronne de France", avec Etienne Thomas Ogier de Baulny, le jeune mousquetaire, en présence de trois autres prêtres : Nicolas-Pierre Ythier, doyen de Saint-Quiriace de Provins, Losier curé de Vieux Maisons & Palluet curé de Sancy; en présence aussi d'une grande partie de la famille Huvier et de représentants de la famille Ogier de Baulny (une grande partie de l'acte, 183 mots sur 441, est consacrée aux titres des hommes de la famille, les femmes n'étant définies que par les termes : épouse, veuve, fille de, damoiselle majeure, damoiselle mineure, que suivent les titres des époux, vivants ou décédés.)
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